Lara Rosenoff Gauvin

Boursiers
2011
Mentor(s): 
Programme d'étude:
Boursière postdoctorale Banting, Département d'anthropologie, Université McGill
Affiliation actuelle:
Université McGill
Région:

Lara observe que violence et déplacements forcés font obstacle à la transmission des valeurs et de la culture entre les générations, dans le cadre d'une étude dans le nord de l'Ouganda

« Re-membering » comme réparation du tissu social : la famille, la culture et l'histoire dans l'Acholiland rural en période d'après-guerre, au nord de l'Ouganda

Après la violence et les déplacements, la reconnaissance de la culture, l'appartenance à une famille et la socialisation intergénérationnelle sont considérées comme primordiales dans le rétablissement des relations sociales et la reconstruction sociale au nord de l'Ouganda rural. Lara utilise le terme re-membering comme expression abrégée dans le cadre de sa recherche. Elle examine comment les pratiques indigènes de réparation du tissu social, lesquelles sont fondées sur les concepts d'identité individuelle des Acholis, promulguent la responsabilité sociale dans l'Acholiland rural, notamment, ou en signe de résistance, envers les institutions de l'État dont la portée et l'efficacité sont limitées. Lara s'intéresse à la façon dont les idéaux culturels des Acholis, lesquels sont basés sur la parenté et développés sur les pratiques de traditions orales intergénérationnelles, constituent le caractère social et la loi, et offrent un idéal indigène d'humanité et de communauté vers lequel tendre.

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Lara Rosenoff Gauvin est artiste, commissaire et étudiante au doctorat en anthropologie à l'Université de la Colombie-Britannique. Son but est de contribuer à la justice transitionnelle par une démarche critique et locale, en privilégiant l'expérience de ceux qui sont maintenus en marge des débats et de l'élaboration des politiques, et ce, même s'ils sont directement affectés par la situation de conflit et de réparation.
Mme Rosenoff Gauvin est née et a grandi à Montréal où l'environnement très politisé des débats publics et de l'expression créatrice a eu une influence sur elle. Après avoir terminé son baccalauréat en communication à l'Université Concordia (1998), elle a travaillé comme photographe documentaire et, en 2004, a été invitée en Ouganda du Nord à participer à un film sur le conflit. Son expérience de la vie quotidienne marquée par la violence et les déplacements ainsi que les relations qu'elle a forgées l'ont éventuellement menée à faire une maîtrise en médias documentaires à l'Université Ryerson à Toronto. Dans le cadre de sa maîtrise, le travail de terrain et les nombreuses visites en Ouganda, maintenant durant les années de cessez-le-feu, lui ont fait connaître les processus personnels et communautaires de réconciliation, de reconstruction et de réparation du tissu social. En retour, cela l'a incitée à poursuivre des études de doctorat au Département d'anthropologie de l'Université de la Colombie-Britannique, reconnu pour son engagement communautaire collaboratif, tant dans son enseignement exemplaire que dans les expositions présentées au Musée d'anthropologie.

Mme Rosenoff Gauvin est en faveur de l'engagement public, et ses témoignages visuels et dans les médias s'ajoutent à ses études et à son expérience de vie en Ouganda du Nord. Elle a présenté des installations d'art dans des galeries de trois provinces canadiennes, sur Internet et lors de congrès au Canada, aux États-Unis et au Japon. En 2009, elle était impliquée dans l'organisation de la « Journée de prise de conscience des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays», qui a réuni des intervenants, des universitaires et des artistes autour d'une exposition présentée à la place Dundas, à Toronto. Mme Rosenoff-Gauvin a donné des conférences universitaires et publiques et elle s'est exprimée à la radio, à la télévision et en ligne. Elle a publié dans des revues scientifiques, des blogues et de nombreux journaux. Elle est fondatrice de la Lobby Gallery de l'Institut Liu sur les enjeux mondiaux et cofondatrice du Réseau pour la justice de transition (Université de la Colombie-Britannique).

Expérience à titre de boursière Trudeau

La bourse d'études de la Fondation Trudeau m'a fait prendre conscience des possibilités, telles que la possibilité de mener mes recherches de telle façon, la possibilité de l'engagement, la possibilité de la collaboration et la possibilité de la mobilisation des connaissances. Cet espace et ce soutien à visualiser ce que la recherche doit et peut faire, et comment une personne doit et peut mener une recherche, ont été très formateurs dans mon cheminement d'universitaire, mais aussi, de façon plus générale, en tant qu'être humain.

Une bonne partie de mon élan, de mon courage et de ma détermination à relever le défi des possibilités qui se présentent à moi est attribuable à mes relations avec les autres universitaires, boursiers et mentors de la Fondation Trudeau ainsi qu'avec les membres des communautés hôtes et les alliés universitaires et de défense rencontrés aux quatre coins du monde. Ces relations ont été largement facilitées par l'indemnité de déplacement et de réseautage annuelle de la Fondation.

Le monde universitaire peut être terriblement oppressif et concurrentiel, écrasant l'idéal d'une quête du savoir collaborative afin d'améliorer le monde. Toutefois, la poursuite constante de cet idéal est présente au sein de la communauté Trudeau. L'héritage transmis par ma bourse de la Fondation Trudeau consiste en ce défi, ainsi qu'au généreux soutien intellectuel, social et financier de m'engager dans celui-ci.